Abécédaire "amoureux" de Saint Martin Vésubie (Alpes-Maritimes)

19 avril 2010

Introduction

Abécédaire "Amoureux" (et quelquefois humoristique)
de Saint Martin Vésubie (Alpes-Maritimes)
par Michel HALLARD,
Retraité et résident occasionnel.

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Cet abécédaire n'est ni un livre d'histoire, ni un guide touristique ou gastronomique. Je n'avais pas la capacité de les écrire. Cet ouvrage n'est que la présentation, sous une forme que je pense originale, de mes sentiments sincères à l'égard de ce village d'altitude, lové au sein du parc naturel des Alpes du Sud et au sein duquel, depuis tout petit enfant, j'aime à y saluer ses habitants chaleureux et ses traditions séculaires et où j'apprécie toujours à venir me ressourcer.
S'agissant d'un abécédaire personnel, dédié à Saint Martin Vésubie, j'assume totalement le choix des mots retenus. Pour chaque lettre, c'est le mot, venu immédiatement et naturellement à mon esprit, que j'ai porté sur le papier. Ces termes, dans la plus grande majorité des cas, sont en relation directe avec ma vie personnelle sur place et mes connaissances propres, déjà acquises au fil du temps.
Par conséquent, je présente toutes mes excuses sincères aux mots, certains en dialecte local, que je n'ai pas sélectionnés, comme par exemple : aubades, biffou, belote, boules carrées, castrum, cantoun, carnaval, diable, médiathèque, moulins, mulets, marché de Noël, orages, palais, patois, pénitents, polento, "suisse niçoise", Traversado, venelles, vide-greniers, etc, etc... Ils feront partie, je l'espère, d'une prochaine édition.

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A : comme Angèle

J'aurais pu commencer cet abécédaire en évoquant le scénoparc ALPHA, cher aux hommes politiques de la région, dédié aux loups et situé au sein du quartier dit du "Boréon" (cf. L comme Loups), à quelques kilomètres seulement de Saint Martin Vésubie, mais j'ai préféré mettre à l'honneur un petit bout de femme prénommée Angèle qui, au plus loin que remontent mes souvenirs, s'est toujours trouvée, au beau milieu d'un endroit stratégique du village (la place des Allées), à vendre frites, gaufres et sandwiches derrière le comptoir de son camion. Quand, petit enfant puis adolescent, je venais à Saint Martin, durant les vacances scolaires, avec mes parents, elle était déjà là. Plus tard, devenu propriétaire sur place, quand je suis revenu en ces lieux avec femme et enfant, elle était toujours là. Il paraît qu'elle aurait commencé ses activités en ... 1947, après guerre... derrière le comptoir d'une simple carriole ! Elle n'a pas sa langue dans sa poche et en connaît des "tonnes" sur tous les villageois et même les touristes.
Gare à ceux qui ne s'entendent pas avec elle ! Elle sait tout sur tout et voit tout ce qui se trame depuis son "point d'observation".
Néanmoins, j'appréhende le jour où je viendrai me reposer à Saint Martin et ne la verrai plus se démener derrière son comptoir ou attendre les clients...

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B : comme Béal

Au milieu de la rue principale du village - tout le long, du nord au sud - s'écoule, le "canal Béal" (dit : gargouille), dans l'eau duquel les enfant aiment à jeter, pour s'amuser, tout objet leur passant entre les mains.
C'est ainsi que mon épouse, enfant espiègle elle aussi, n'a pas hésité, dans les années "soixante", à y lancer les clefs de la voiture de sa mère. Cette dernière dut les récupérer, tout en bas du village, dans le "panier grillagé" destiné aux objets "perdus".
Plus tard, une fois marié, alors que je déjeunais avec elle sur la terrasse d'un des restaurants donnant sur le "Béal", j'ai assisté à cette scène mémorable : un jeune bambin subtilisa la "carte bleue" de son papa, qui venait de régler l'addition, pour la jeter aussitôt dans le canal. Le père a du, en un réflexe incroyable, se lever de table afin d'aller récupérer la carte qui "s'enfuyait" au fil de l'eau et avait déjà parcouru une dizaine de mètres !
Il leur arrive aussi, à ces enfants, de tomber tout habillés dans ce canal, au grand dam de leurs parents !

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Pour la "petite histoire", sachez que le Béal a été construit en l'année 1418 afin d'irriguer les champs et le près, proches du village et de ses habitations, et désaltérer les milliers de mulets qui, à l'époque, traversaient Saint Martin afin d'apporter le sel au Piémont (la route du sel).
Le canal devait également servir en cas d'incendie (la plupart des maisons étaient construites en bois et en chaume, à l'époque) et d'égout, car il était difficile, en ces temps reculés, d'éviter que les résidents n'y jetassent, du haut de leur fenêtre, leurs propres immondices !

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C : comme coiffeur

En contrebas du village, à l'angle de la ruelle menant à l'église paroissiale et de la rue principale, s'élève "la maison du coiffeur", appelée ainsi car elle accueillait jadis un salon de coiffure. C'est l'une des plus originales constructions de Saint Martin et ma préférée. Elle figure d'ailleurs sur les cartes postales mises en vente au profit des nombreux touristes qui visitent le bourg. Sa forme est bizarre : sa base rectangulaire est surmontée d'un étage, de forme carrée cette fois, rehaussé, lui-même, d'un grenier en bois. Elle est de couleur ocre. Dans une alcôve, au-dessus de la porte d'entrée, se niche une statue de la Vierge Marie. Cette maisonnée aurait été construite, il y aurait fort longtemps, bien avant 1470, année où un violent incendie détruisit la plupart de ces habitations construites, à l'époque, en bois et en chaume.
Aujourd'hui, la "maison du coiffeur" n'abrite plus de coiffeur et semble même inoccupée.
Néanmoins, Saint Martin ne manque pas d'un tel artisan pour autant. Deux jolies jeunes filles se partagent la clientèle (mixte) des villageois et des touristes. L'une d'elles exerce son activité à l'entrée du village près de l'ancienne gare, l'autre dans le centre du village.

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D : comme Dévotion

Saint Martin abrite en son sein trois édifices religieux, inscrits aux Monuments Historiques, très fréquentés à la fois par les touristes, mais aussi par les Saint-Martinois, très fervents et dévoués à leurs saints, en bois, en pierre ou en plâtre, que ces bâtiments abritent : l'église paroissiale, la chapelle des pénitents noirs et celle des pénitents blancs. Ce qui est beaucoup pour un village de cette taille.
L'église paroissiale se nomme "Église de l'Assomption". Elle se situe au bas du village et son campanile (clocher) s'impose au regard dès que les visiteurs approchent - à pied ou en voiture - de Saint Martin à qui elle fut dédié au Moyen-Age, au moment de sa construction, donnant ainsi son nom à la commune. Aujourd'hui, récemment restaurée, elle est dédiée à la Madone de l'Assomption. De nombreux tableaux ornent le cœur de l'église ainsi que les chapelles latérales. Certains d'entre eux sont exceptionnels (nous y reviendrons. Cf la lettre R comme Retable). Mais surtout, elle abrite, à droite du cœur,  la statue en bois polychrome de la Madone des Fenestres, qui daterait du XII° siècle et à qui les habitants de Saint Martin et des alentours, très dévoués à cette vierge assise richement habillée, attribuent de nombreux miracles. Au début de l'été, cette statue est conduite, en procession, par les Saint-Martinois, au sein du Sanctuaire de Notre Dame des Fenestres, situé en altitude à quelques kilomètres de Saint Martin, où elle restera jusqu'à la mi-septembre. A cette époque, elle redescendra à Saint Martin pour prendre ses "quartiers d'hiver" et une messe sera alors célébrée en son honneur devant une forte assistance et en présence de nombreuses personnalités politiques et religieuses de la région.
En haut du village, la chapelle des Pénitents Blancs avec son clocher bulbe en cuivre est, elle, dédiée à la Sainte-Croix. Elle aurait été bâtie au XVII° siècle. A l'intérieur, le surprenant décor en bois polychrome, une caractéristique du Haut Pays niçois, étonne le visiteur. De nombreux tableaux et bannières ornent également les murs et notamment huit peintures, sur les parois latérales, qui représentent la Passion du Christ. La légende raconte que chacun des personnages peints serait un Saint-Martinois ! L'autel renferme également un Christ gisant, en bois peint.
Enfin, au milieu du village, à égale distance de l'église paroissiale et de la précédente chapelle, s'élève la chapelle des Pénitents Noirs, dédiée à saint Jean-Baptiste et à la Madone de la Miséricorde.
Cet édifice serait le plus ancien bâtiment religieux du village.
Ses murs sont également ornés de nombreux tableaux et bannières exceptionnels que nous devons à des peintres locaux, notamment. Son sol ancien et pavé en fait une curiosité très prisée. Les bancs sont en noyer véritable, une pure merveille !
En été, ces chapelles très visitées au cours de la journée, reçoivent, en soirée, dans leur décor exceptionnel et baroque, de nombreux artistes classiques qui y donnent des concerts appréciés et recherchés des mélomanes.

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Dernière anecdote, les Saint-Martinois ont également la chance d'avoir un très jeune et très beau curé, très "in" (téléphone portable, voiture, costume...) qui officie en ces lieux de culte et auquel ils sont aussi très dévoués et attachés. Ce qui fait dire à mon épouse : "quand on voit le curé de Saint Martin, on comprend enfin que Dieu existe vraiment !..."

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E : comme Eau

Ce que je veux mettre à l'honneur ici, ce n'est pas l'eau en ébullition du torrent qui traverse Saint Martin, ni celle cristalline des lacs qui entourent ce village et dans lesquels les pêcheurs à la ligne guettent les truites saumonées. L'eau "miraculeuse" (au sens médical du terme) que je tiens à célébrer est simplement celle qui jaillit des fontaines de la commune et robinets des villageois et résidents !
Si vous ne me croyez, je vous donne rendez-vous près de la fontaine qui se trouve place des Allées, juste en face du camion d'Angèle (cf. lettre A... comme Angèle).
Sur ce monument, qui ne date pas de ce siècle, sont inscrites, sur le fondement d'analyses officielles, toutes les vertus de l'eau saint-martinoise et notamment tous les sels minéraux qu'elle comporte. Cette eau vient des nombreuses sources pures qui prennent vie sur les sommets enneigés encerclant Saint Martin.
Mon épouse a un ionogramme négatif, c'est-à-dire que ses taux de potassium, sodium et chlore sont en-dessous de la normale. Dès que nous nous séjournions à Saint Martin, ces mêmes taux remontaient subitement de manière positive. Nous avons fait la preuve par neuf de ce que j'avance et ce, à plusieurs reprises... le résultat est là !
Notre médecin parisien (notre résidence principale est située à PARIS) nous a même conseillé d'en ramener dans la capitale.
Ce n'est pas pour rien que les seuls thermes de la région se trouvent en contrebas de Saint Martin : à Berthemont les Bains, où les médecins y soignent plusieurs affections courantes de la vie (rhumatismes, arthrose, asthme, voies respiratoires déficientes, etc.)

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Si cette eau est bénéfique pour l'organisme, elle est aussi quelque peu laxative si vous la dégustez très froide directement à la sortie des robinets (elle provient de sommets souvent supérieurs à 2500 mètres) et si vous n'y êtes pas habitués ! Elle peut provoquer diarrhées ou maux de ventre. Je me permets donc de vous conseiller de la laisser reposer quelques heures en bouteille dans votre réfrigérateur et... tout ira bien ! Elle sera bienveillante pour votre corps sans... effets secondaires !...

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F : comme Félix Faure

Sur la place Félix Faure (et pour cause...), à Saint Martin, s'élève un hôtel de plusieurs étages dénommé "l'Hôtel des Alpes". Sur le fronton de cet établissement, au-dessus de l'entrée principale, une plaque commémorative atteste qu'en 1898, Félix FAURE, alors Président de la République française dormit dans l'une des chambres de cet hôtel. En effet, lors d'un voyage professionnel à Nice, il voulut absolument visiter Saint Martin Vésubie dont la renommée était déjà parvenue jusqu'en la capitale. L'histoire ne dit pas s'il y passa la nuit seul ou ... (bien) accompagné.
On peut se poser la question, car, Félix FAURE, dont on a dit qu'il fut plus célèbre par sa mort que par sa vie, est décédé au palais de l'Elysée le 16 février 1899, à l'âge de 58 ans, dans des conditions bien plus rocambolesques que celles de sa nuitée passée à Saint Martin.
Dès 1897, en effet, il rencontre à Chamonix, Marguerite Steinheil dite "Meg", épouse du peintre Adolphe Steinheil auquel est confié une commande officielle.
De ce fait, Félix FAURE se rend régulièrement impasse Ronsin, à Paris, à la villa "Le Vert Logis" où réside le couple. Bientôt, Marguerite devient la maîtresse du Président et le rejoint régulièrement dans le "salon bleu" du palais de l'Elysée.
Le 16 février 1899, Félix FAURE téléphone à Marguerite et lui demande de passer le voir en fin d'après-midi. Quelques instants après son arrivée, les domestiques entendent un coup de sonnette éperdu et accourent : allongé sur un divan, le Président râle tandis que sa maîtresse réajuste ses vêtements en désordre. Félix FAURE s'éteindra quelques heures plus tard.
Il est, en fait, mort d'une congestion cérébrale ! Dès les jours qui suivent, le "Journal du Peuple" titre qu'il est mort d'avoir "trop sacrifié à Vénus", c'est-à-dire d'un effort excessif dans le cadre de l'acte sexuel. La plaisanterie populaire va jusqu'à préciser que c'est par une fellation que la maîtresse provoqua l'orgasme qui lui fut fatal.
On raconte que l'abbé, mandé par l'Elysée, aurait alors demandé : "Le Président a-t-il toujours sa connaissance?". Un domestique lui aurait alors répondu : "Non, elle est sortie par l'escalier de service".
Meg fut alors surnommée la "Pompe Funèbre" ! Les chansonniers de l'époque disent du feu Président (mot rapporté sous diverses formes) : " Il voulait être César, il ne fut que Pompée ", allusion au goût de celui-ci pour le type de gâterie qui prétendument provoqua son départ définitif. Cette phrase a également été attribuée à Georges CLEMENCEAU, qui ne l'aimait guère. Il aurait aussi déclaré, après la mort du Président : " En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui ", et " Ça ne fait pas un Français en moins, mais une place à prendre ".
Félix FAURE est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, près de ma résidence principale actuelle.

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G : comme Gabin

C'est que le célébrissime acteur figura, dans un film tourné intégralement à Saint Martin, entre septembre et novembre 1956 : " Le cas du docteur Laurent", entouré des stars de l'époque (Nicole Courcel et Silvia Montfort). Initialement intitulé "Sans douleur", ce long métrage, dirigé sur place par Jean-Paul Le Chanois, fut le premier long métrage de fiction à exposer la méthode de l'accouchement sans douleur, aujourd'hui couramment pratiqué en France, mais de réalisation récente à l'époque du tournage. L'histoire, brièvement racontée, est la suivante : le docteur Laurent, joué donc par Jean Gabin, installe son cabinet à Saint Martin après avoir quitté la capitale et tente d'y introduire la méthode précitée.
Mais il se heurte à l'opposition farouche d'une partie des villageois qui veut, à tout prix, le faire rayer du Conseil de l'Ordre des Médecins. Seule, une jeune femme enceinte, abandonnée par son amant, le soutiendra dans son combat.
L'intérêt du film, hormis sa modernité relativement au sujet délicat abordé, réside dans le fait qu'il a été tourné entièrement à Saint Martin, dans ses ruelles, habitations et commerces, avec comme figurants de véritables Saint-Martinois.
On peut y voir un Saint Martin, que " les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître " ! Avec des personnages et des magasins aujourd'hui disparus. Il est regrettable cependant que ce film ait été tourné "en noir et blanc", ce qui ôte un peu de charme au décor naturel dans lequel il a trouvé place. Je vous encourage néanmoins à le visionner (en salle ou sur DVD) afin de découvrir un GABIN exceptionnel dans son rôle et un Saint Martin comme vous ne l'avez jamais vu, hormis dans vos rêves ou dans de lointains souvenirs... pour les plus âgés d'entre vous !
La salle de cinéma actuelle, installée sur le parking de l'ancienne gare, porte le nom de l'acteur : Salle Jean GABIN et, chaque fois que je m'y rends (la programmation y est excellente), je ne peux m'empêcher de penser... "au cas du docteur Laurent" !

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H : comme Hôtels

Le village de Saint Martin compte en son sein, et sauf erreur de ma part, six hôtels et hôtels-restaurants de taille moyenne. Certains d'entre eux figurent dans les guides touristiques et gastronomiques. Ce qui signifie qu'il est possible d'y bien manger et/ou de s'y reposer.
Mais mon but n'est pas de vous en parler (en bien ou en mal), même si j'en ai fréquenté certains au cours de ma vie et que j'en fréquente toujours certains, notamment au regard de leurs restaurants.
Je vous rappelle en effet que ce recueil n'est qu'un abécédaire et rien d'autre, ni un livre d'histoire, ni un guide gastronomique ou touristique.
Je vous parle d'hôtels, car j'ai toujours été intrigué depuis que je me rends à Saint Martin et parcours ses ruelles (encore plus depuis que j'y réside, car j'ai d'avantage de temps à consacrer à ce village !) par d'anciens hôtels de luxe portant des noms anglo-saxons et transformés depuis peu en "copropriétés".
C'est qu'en effet, Saint Martin Vésubie possède aujourd'hui un riche patrimoine architectural, notamment de style "belle époque" qui fut, au fil du temps, heureusement conservé avec soin.
"L'Hôtel Régina", situé dans la montée qui mène au centre du village, en est un exemple parmi d'autres.
Cette profusion d'édifices de villégiature s'explique par l'excellente réputation que Saint Martin Vésubie acquit entre les années 1860 et le début de la première guerre mondiale. En effet, c'est à partir de 1860, après l'Annexion du Comté de Nice à la France, que sa notoriété a commencé à se faire sentir.
Ce sont des hommes comme certains peintres locaux ou des montagnards comme le Chevalier Victor De CESSOLE, par le biais de ses nombreuses photographies, qui ont contribué à cette renommé élogieuse dont il est encore question aujourd'hui et qui fut accentuée avec, dans un premier temps, l'apparition de l'électricité, l'arrivée du tramway ensuite et, enfin, celle de l'autocar (cf. K... comme Kilowatt et T... comme Tramway).
C'est ainsi qu'entre 1860 et 1914, le village enregistra une forte affluence de visiteurs, dont la plupart étaient Anglais, ce qui se traduisit par une appellation anglophone de certains bâtiments : l'Hôtel Victoria, sis au chemin des Colettes, l'Hôtel Carlton Elisabeth, rue du docteur Alfred Rumpelmayer, l'Hôtel de Londres (aujourd'hui détruit) sur les allées de Verdun, ainsi que l'Hôtel Régina, déjà cité.
Comme Saint Martin est devenu le pendant montagnard et estival de Nice, urbaine et hivernale, l'hôtel est la formule d'hébergement la plus utilisée à cette époque.
Ces bâtiments sont situés à proximité du centre-ville ou sur les lieux de vie. Ils présentent un très grand confort et sont parfois la propriété d'hôteliers de la Côte.
La plupart des ces hôtels sont pratiquement encore utilisés dans leur fonction originelle (La Bonne Auberge, la Châtaigneraie - où Marcel PAGNOL aurait écrit "Le Château de ma Mère" - l'Hôtel des Alpes), tous trois à proximité de la place principale du village.


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Cette présence concentrée de nombreux bâtiments (au total en quelques années plus de 17 établissements hôteliers seront construits !) donnera naissance à des allées ombragées ou bien à de longues promenades, où les femmes en ombrelles peuvent se promener tout en restant à l'extérieur du village, "trop pauvre et misérable" pour certaines d'entre elles, à cette époque. Les plus célèbres sont : l'avenue Charles De Caqueray, les allées de Verdun, mais aussi la route de Venanson.

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I : comme Incendie

Si les pompiers actuels, positionnés au bas du village, dans la zone industrielle, n'ont que rarement à faire face, avec leurs moyens modernes et efficaces, à des feux importants d'habitations ou d'entrepôts au sein même de Saint Martin, il n'en fut pas de même à l'époque médiévale.

J'ai effectivement appris récemment de l'un d'entre eux qu'en 1470 un "grand incendie" détruisit les deux tiers du village, malgré le canal Béal (cf. B... comme Béal) construit, notamment, en vue d'éteindre les incendies. Mais, à cette époque, les murs des habitations étaient en bois et les toitures recouvertes de chaume ! Un vrai brûlot !... Dès les premières flammes, elles n'ont pu résister au feu pas plus que les fabriques de draps et les entrepôts de laine et de sel dont l'activité fonctionnait à "plein régime" à l'époque. Le préjudice s'éleva à plus de 160.000 florins or !
Cet homme du feu m'a montré, à mon grand étonnement, que les soubassements de certaines maisons de la ruelle du Vieux Four sont encore enduits de suie et la preuve de la force du sinistre d'alors !
Afin que le village put être rapidement reconstruit, le Duc de Savoie exonéra d'impôt les Saint-Martinois pendant... 12 ans !

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